Si vous avez déjà planté des fraisiers, vous avez forcément vu apparaître ces longues tiges rampantes qui s’étendent autour du plant mère. Ce sont les stolons. Et ce sont eux qui m’ont permis de passer de 6 plants et quelques kilos de récolte à plus de 15 kg de fraises en quelques saisons seulement.
Multiplier ses fraisiers avec les stolons est gratuit, simple et beaucoup plus fiable que le semis. Voici comment je procède concrètement, et les erreurs que j’ai faites au début.

Qu’est-ce qu’un stolon exactement ?
Un stolon est une tige horizontale produite par le fraisier. À son extrémité se forme un petit plant miniature, capable de développer ses propres racines. Au départ, le stolon relie le fraisier au jeune plant et lui transmet l’eau et les nutriments nécessaires pour qu’il puisse développer ses racines et devenir un nouveau fraisier.
Une fois enraciné et séparé du pied mère, ce nouveau plant redémarre un cycle complet de production :
- Année 1 : installation
- Année 2 : pic de production
- Année 3 : encore très bon rendement
C’est donc le moyen naturel de renouveler vos fraisiers.
L’erreur que j’ai faite la première année
Au début, j’ai laissé tous les stolons se développer librement. Résultat : une zone un peu trop dense, difficile à entretenir, avec des fruits plus petits et moins aérés. Et je n’avais pas prévu autant de place pour la suite de la production.
Le fraisier adore coloniser. Si on ne guide pas un minimum, il transforme vite l’espace en jungle.
Depuis, je sélectionne.
Ma méthode pour multiplier les fraisiers efficacement
1. Choisir le bon plant mère
Je ne garde que les stolons issus des plants les plus productifs, les plus vigoureux et les plus goûteux. C’est une sélection naturelle maison.
2. Mettre le stolon en pot
Je place un petit pot à semi rempli de terreau sous le jeune plant encore attaché au pied mère. Le fait que mes fraisiers soient en carré potager surélevé facilite beaucoup cette étape.
Le stolon s’enracine alors tranquillement sans stress. Facile et efficace, il faut simplement surveiller que la terre n’est pas trop sèche.
3. Couper au bon moment
Une fois que le nouveau plant a développé un bon système racinaire (en général 2 à 3 semaines), je coupe le lien avec le plant mère.
Il devient alors autonome.

4. Replanter de manière organisée
Je replante ensuite avec un espacement d’environ 20 cm entre chaque plant pour garder une bonne aération. Tout en continuant de bien pailler pour avoir un minimum de travail à faire et pour être certain que les plants se développent et colonisent bien la nouvelle zone.
Cette organisation a clairement amélioré mes récoltes. La mise en place est la partie la plus importante.m et stratégique.
Faut-il garder tous les stolons ?
Non.
Garder tous les stolons donne l’impression d’avoir plus de plants, mais à long terme :
- La production se dilue
- Les fruits deviennent plus petits
- Les maladies apparaissent plus facilement
Je garde environ 50 % des stolons les plus vigoureux. Le reste est supprimé. Surtout les stolons de stolons.
Peut-on multiplier indéfiniment les fraisiers par stolons ?
Oui, mais avec sélection.
Un stolon est un clone du plant mère. Il redémarre un nouveau cycle de 3 à 4 ans. Tant que vous sélectionnez les plants les plus productifs, vous pouvez maintenir une production élevée sans racheter de plants.
Au bout de plusieurs cycles, il peut être intéressant d’introduire une nouvelle variété pour maintenir la vigueur générale et être certain de ne pas “perdre” une année de production.
Si vous souhaitez voir comment j’organise l’ensemble de ma culture en climat froid dans mon jardin-forêt, je détaille tout dans cet article : Comment je réussis mes fraisiers en climat froid

